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Quoi c’est un créole déjà?

Probablement à mon détriment, j’aime me joindre aux communautés qui discutent de la linguistique sur les médias sociaux. Je ne veux pas dire que je suis d’autres qui effectuent de la recherche — je fais ça, aussi — mais plutôt des communautés éoù la linguistique est discutée par n’importe quelle personne qui, par adonnance, s’intéresse à sa discussion. Je conclus, «À quoi sert tout ça j’apprends si je ne le partage pas avec d’autres, y compris le public?» Un espace en ligne que j’examine pour ça est reddit, et l’un des sujets qui est soulevé tous les temps en temps est celui des créoles.

C’est magnifique, parce que j’aime parler des créoles, et je les bien comprends. Cependant, ce n’est pas magnifique, parce que je trouve que ça j’ai à dire n’est ni respecté ni désiré (c.-à-d., je reçois un tas de votes négatifs). Quand le sujet des créoles se présente, ina proche toujours un malentendu de ça que c’est les créoles qui est implicite dans les questions posées par le monde, et on dirait que le monde n’aime pas quand je clarifie ça que c’est les créoles. Qui est plus, le malentendu ne se trouve que dans les forums informels comme reddit mais aussi dans des sites de questions-réponses bien gérés comme Linguistics Stack Exchange (voir ici et ici). Ça fait un peu mieux dans cette dernière communauté, mais ça se base toujours sur l’idée démodée que les créoles se développent à partir des pidgins. Même parmi ceux qui ont enseigné au moins un cours de linguistique d’introduction, ina des indications que ça c’est une manière répandue dont les créoles sont conçus (Bancu et autres 2024). Ça fait, j’ai pensé qu’un post ici serait une bonne place pour clarifier ça que les créoles sont pour ceux qui sont curieux.

Pour commencer, allons parler de ça que les créoles ne sont pas. Premièrement, les créoles ne se développent pas des pidgins. C’était en effet une théorie courante dans un passé pas trop lointain, aussi courante que ça trouve son expression même dans les écrits sur les pidgins et les créoles effectués par des linguistes prééminents jusqu’aux années 1980 au moins (par ex., Halliday 1964/1968:143; Romaine 1988:38; Todd 1974/1990:2). C’était si ancré dans les esprits des créolistes dans ce temps-là que Thomas & Kaufman (1988:148) et Arends (1994:15) jugaient nécessaire de l’ajouter comme type de créole quand même que ça admettaient la définition sociohistorique des créoles qui a beaucoup plus de sens. Ina un nombre d’arguments solides qui ont été avancés contre la théorie pidgin-à-créole (Mufwene 2001:7-11), un considérable est l’admission qu’il n’existe pas de preuve textuelle d’une phase de pidgin pour les créoles connus (Aboh & DeGraff 2017:413). En plus, cette théorie rend obscur l’image d’ensemble. Accepter qu’un pidgin doit se développer avant tout et ensuite obtenir des locuteurs natifs soulève toute qualité de questions de ça que ça veut dire d’être un locuteur natif, combien de locuteurs natifs est suffisant, et ainsi de suite. Peut-être que la plus grande difficulté entraînée par cette théorie est que les pidgins sont traditionnellement définis comme des langues qui se développent dans le contexte de commerce et les créoles, comme on va voir, n’ont pas été définis comme ça, ça fait l’image sociohistorique embrouillée en combinant ces deux catégories.

La théorie pidgin-à-créole est souvent la théorie de référence de ceux qui ont de la connaissance mais qui ne sont pas des spécialistes. Une autre approche erronée, cependant, est définir les créoles structurellement, qui a tendance à être la méthode préférée des non-initiés et un groupe de créolistes limité. En disant limité, je veux dire proche exclusivement McWhorter (1998) qui a avancé l’idée qu’ina trois structures linguistiques qui justifient la classification des créoles comme un type de langue distinct: aucune affixation flexionnelle, aucun ton et une affixation dérivationnelle semantiquement régulière. Le problème est que lui il a remarqué que même les créoles qu’il a choisis pour ses prototypes présentaient des exceptions à quelques-unes de ces structures, le conduisant à proposer que ça doit simplement adhérer suffisamment à ces descriptions structurelles, mais quoi c’est qui compte comme «suffisamment»? Comment on quantifie ça d’une manière qui n’est pas arbitraire? C’est une aguille fine à enfiler, si je me permets l’expression anglaise, et sans surprise cette approche a été bien critiquée par d’autres créolistes.

La définition des créoles que les spécialistes usent vraiment est qu’une langue peut être classée comme un créole si ça a été né d’un contexte sociohistorique spécifique, à savoir celui de l’assujettissement et l’exploitation d’un peuple par un autre (c.-à-d., l’esclavage et les conditions pareilles à l’esclavage). En raison de la popularité des définitions des créoles liées aux pidgins et aux structures, ça se peut que ça ressemble à une nouvelle approche théorique, mais ce ne l’est vraiment pas. Peut-être le tout premier linguiste qui peut être appelé un spécialiste en créoles a ancré ce contexte sociohistorique dans la manière dont il a défini les créoles (Reinecke 1938). Ce centre d’attention sur ça qui est sociohistorique a continué à partir de là (Ansaldo & Matthews 2007:8; Baker 1990, 1994; Bartens 2013:65; Meyerhoff 2018:279; Mintz 1971:481; Winford 2003:308). Même pour quelqu’un comme Bickerton (1988), qui est notoirement lié aux arguments structurels au sujet des créoles, a basé ses définitions des créoles sur le contexte sociohistorique.

C’est plutôt difficile, en fait, de trouver un créoliste dont la définition des créoles ne fait pas référence au contexte sociohistorique. Inavait une tendance plus tôt au 20e siècle à parler de l’esclavage de manière euphémistique, mais l’idée est toujours claire une fois vue. Pour ceux qui mentionne explicitement l’esclavage, ça peut encore les mettre mal à l’aise des fois, soit par rapport aux faits sociaux ou théoriques. Ça fait, tu peux aussi trouver que ça nuance souvent leurs définitions en disant que les créoles impliquent «d’habitude» l’esclavage ou quelque chose dans ce sens. Cependant, des exemples des créoles qui n’impliquent pas d’esclavage ne se produisent pas après. Par exemnple, Thomason & Kaufman (1988) ont souligné l’esclavage mais ne croyaient pas que c’était présent dans tous les cas éoù un créole s’a développé. Ils ont en fait donné un exemple, celui du pitcairnais (148). Ce créole a sorti d’une mutinerie en 1790 sur un navire anglais qui a engagé l’aide de quelques Tahitiens. Après la mutinerie, l’équipage s’a installé aux îles Pitcairn pour éviter les peines, après quoi un créole s’a développé puisque il fallait que les Anglais et les Tahitiens apprennent à communiquer. Thomason & Kaufman (1988) ont décrit cette habitation comme «égalitaire», mais il n’ont pas arrivé à noter que les Tahitiens étaient traités comme de la propriété à un tel degré que des meurtres ont été enfin commis dans leur petite société en représailles, ce qui fait un dessin bien plus pareil à l’esclavage et par conséquent n’est pas le contre-exemple que le pictairnais était supposé d’être.

Mais, quoifaire c’est important? C’est important parce que la manière dont on définit notre objet d’étude nous conduit à poser des questions bien différentes et peut nous empêcher d’élucider des réponses qu’on cherche. Définir les créoles à partir du contexte sociohistorique de l’esclavage nous conduit à poser des questions sociolinguistiques du poivoir, de la race, du colonialisme, et ainsi de suite. Définir les créoles comme le résultat de la nativisation des pidgins nous conduit à passer un tas de temps à essayer de répondre à des questions de la manière dont un pidgin devient un créole, quelque chose auquel on ne peut pas répondre si ça ne se passe pas, ou simplement ça rend simplement obscure notre capacité de comprendre les créoles ou les pidgins. Encore pire, définir les créolees en termes de structure est une forme d’exotisation de ces langues, et par extension, le monde qui les parle, des peuples qui font déjà face à la stigmatisation. Cette exotisation ou cette exceptionalisation est quelque chose contre laquelle DeGraff (2003, 2004) parle depuis longtemps mais, malheureusement, filtre doucement à toutes les parties pertinentes.

Références

Aboh, E., & DeGraff, M. (2017). A Null Theory of Creole Formation Based on Universal Grammar. Dans I. G. Roberts (Ed.), The Oxford Handbook of Universal Grammar (pp. 401–458). Oxford University Press.

Ansaldo, U., & Matthews, S. (2007). Deconstructing Creole: The rationale. Dans U. Ansaldo, S. Matthews, & L. Lim (Eds.), Deconstructing Creole (pp. 1–18). John Benjamins Publishing Company.

Arends, J. (1994). The socio-historical background of creoles. Dans J. Arends, P. Muysken, & N. Smith (Eds.), Creole Language Library (Vol. 15, pp. 15–24). John Benjamins Publishing Company. https://doi.org/10.1075/cll.15.06are

Baker, P. (1990). Off Target? Journal of Pidgin and Creole Languages, 5(1), 107–119. https://doi.org/10.1075/jpcl.5.1.07bak

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Bancu, A., Peltier, J. P. G., Bisnath, F., Burgess, D., Eakins, S., Gonzalez, W. D. W., Saltzman, M., Yourdanis, S., Stevers, A., & Baptista, M. (2024). Revitalizing Attitudes Toward Creole Languages. Dans A. H. Charity Hudley, C. Mallinson, & M. Bucholtz (Eds.), Decolonizing Linguistics (pp. 293–316). Oxford University Press. https://doi.org/10.1093/oso/9780197755259.001.0001

Bartens, A. (2013). Creole languages. In P. Bakker & Y. Matras (Eds.), Contact Languages: A Comprehensive Guide (pp. 65–158). De Gruyter Mouton.

Bickerton, D. (1988). Creole languages and the bioprogram. Dans F. J. Newmeyer (Ed.), Linguistic Theory: Extensions and Implications (Vol. 2, pp. 268–284). Cambridge University Press.

DeGraff, M. (2003). Against Creole Exceptionalism. Language, 79(2), 391–410.

DeGraff, M. (2004). Against Creole Exceptionalism (Redux). Language, 80(4), 834–839.

Halliday, M. A. K. (1964/1968). The users and uses of language. Dans J. A. Fishman (Ed.), Readings in the Sociology of Language (pp. 139–169). Mouton.

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Mintz, S. (1971). The socio-historical background to pidginization and creolization. Dans D. Hymes (Ed.), Pidginization and Creolization of Languages (pp. 481–496). Cambridge University Press.

Mufwene, S. S. (2001). The Ecology of Language Evolution. Cambridge University Press.

Reinecke, J. E. (1938). Trade Jargons and Creole Dialects as Marginal Languages. Social Forces, 17(1), 107–118. https://doi.org/10.2307/2571156

Romaine, S. (1988). Pidgin and Creole Languages. Longman.

Thomason, S. G., & Kaufman, T. (1988). Language Contact, Creolization, and Genetic Linguistics. University of California Press.

Todd, L. (1974/1990). Pidgins and Creoles (2e éd.). Routledge.

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